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Aux Antilles, l’armée ouverte à toutes les femmes !

8 03 2017

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Le ministère de la Défense a réussi le pari de la féminisation en ouvrant tous ses métiers aux femmes. Cette féminisation qui s’est inscrite dans l’histoire de la Défense est aujourd’hui une réalité quotidienne pour l’ensemble des forces armées où elles représentent 15,5 % du personnel.

Au sein des forces armées aux Antilles, le personnel féminin correspond à 17 % de l’effectif total. Femmes civiles de la Défense ou femmes militaires, elles sont 211 à être affectées en Martinique et en Guadeloupe.

Au sein du groupement de soutien de la base de Défense (GSBdD) des Antilles, les femmes ont toutes leur place, dans chaque grade, armée ou service. Unité de soutien opérationnel indispensable au fonctionnement quotidien de toutes les unités des FAA, le GSBdD rassemble plus de 200 hommes et femmes sous les ordres…d’une femme !

Fonction actuelle : « chef du groupement de soutien de la base de Défense (GSBdD) des Antilles et directrice du commissariat (DICOM) des Antilles »
Maryline_DSC_3083La commissaire en chef de 1ère classe Maryline Hartenstein a pris le commandement du GSBdD des Antilles le 16 juillet 2015. La carrière de la commissaire Hartenstein est résolument tournée vers le soutien opérationnel avec un déploiement en Bosnie ou encore le soutien administratif et financier du commandement des forces spéciales Terre et du détachement ALAT des forces spéciales, avant de rejoindre l’Ecole d’Etat-major puis la division ressources humaines de l’Etat-major des armées. Lorraine d’origine, la carrière de la commissaire Hartenstein s’est naturellement orientée vers l’international. Maryline a ainsi séjourné 5 ans en Allemagne, dont 2 ans au poste d’auditrice des comptes au sein de la direction du commissariat de Baden-Baden, puis 3 ans au sein de la brigade franco-allemande aux fonctions de chef des services administratifs et financiers du 3e Régiment de Hussards où elle a activement participé à l’élaboration des procédures binationales de soutien financier. Elle a ensuite effectué un premier séjour aux Antilles de 2009 et 2012, occupant successivement les postes de chef de la division soutien logistique marchés de la DICOM puis de chef du service des soutiens communs à la création du GSBdD le 1er janvier 2011. Elle a commandé ensuite le GSBdD de Colmar de juillet 2012 à juin 2015, soutenant essentiellement des formations de l’armée de Terre : le 152e régiment d’infanterie et le régiment de marche du Tchad, basé à Meyenheim.

Maryline_DSC_3074« Le commandement exige un fort engagement et une grande disponibilité, qualités qui ne sont ni proprement masculines, ni proprement féminines » estime la commissaire en chef de 1ère classe. « Tout est une question de choix, qui se pose peut-être plus pour une femme que pour un homme, l’idée étant plus couramment admise qu’un homme s’investisse pleinement dans sa carrière au détriment parfois de sa vie familiale. Une femme pourra être plusieurs fois confrontée à cette question, au fur et à mesure de l’évolution de sa vie de couple et de mère, et des responsabilités qu’elle serait amenée à exercer. J’ai eu la chance pour ma part d’avoir un conjoint qui comprenne parfaitement mon engagement. Peut-être bien parce qu’il est lui-même militaire ! » précise-t-elle. Après avoir été à la tête du GSBdD de Colmar, la commissaire en chef de 1ère classe Maryline Hartenstein a la particularité d’avoir immédiatement enchaîné sur un nouveau poste de commandement, en tant que chef du GSBdD et directrice du commissariat des Antilles. « C’est une reconnaissance et une marque de confiance de l’institution à mon égard que de m’avoir confié ces deux commandements successifs. Cela montre également le chemin parcouru en faveur de l’égalité professionnelle au sein du ministère de la Défense ».

Le service du commissariat des armées : « il faut savoir être souple, positive et dynamique »
Ann_DSC_2876Commissaire également mais d’ancrage Marine nationale, Ann est adjointe au chef de service « achats finances » du GSBdD. « Mon rôle est de suivre au quotidien l’exécution financière et la passation des marchés publics au profit des FAA » explique la jeune femme de 29 ans. Officier sous contrat, Ann a su concilier vie professionnelle et vie privée. « Durant ma première affectation de quatre ans, j’ai eu la chance d’avoir deux enfants et de pouvoir tout de même être renouvelée. A chaque retour de congés maternité, j’ai eu l’impression de changer d’affectation avec un « turn-over » important du personnel à chaque « PAM«  (période annuelle de mutation) et de nouvelles responsabilités. Mais ces quatre premières années de carrière ont été très enrichissantes humainement et professionnellement » confie la commissaire de 2e classe.

Ann_DSC_2896« Aujourd’hui, je suis pour la première fois sous les ordres d’une femme, mais cela ne change rien selon moi, seule la personnalité du chef compte, qu’importe son genre. Quant-à-moi, étant affectée à terre et dans un service de soutien, je travaille aussi bien avec des hommes que des femmes, civils ou militaires. Et je dirais qu’au-delà d’être une femme, c’est surtout être une « jeune » qui surprend. Il suffit alors de faire ses preuves pour être légitime ! » conclut la Parisienne, « à moitié Suédoise aussi, un joyeux mélange ! ».

L’armée de Terre : « huit opérations extérieures, des manœuvres, du terrain, des stages, mais un mariage et deux enfants tout de même »
Clara_DSC_2939Clara est adjudant de l’armée de Terre, engagée dans la cavalerie depuis bientôt 16 ans et servant au sein du GSBdD. Aujourd’hui responsable de la cellule logistique du cercle, elle commande trois personnes. « Être femme, c’est avant tout être particulièrement exigeant avec soi-même » avoue la Vendéenne de 40 ans. « Qu’on soit sous les ordres d’un homme ou d’une femme, cela ne change rien. Cependant, nous sommes rapidement jugées et devons donc faire nos preuves, montrer nos compétences ». Sa carrière dans l’armée, Clara la conseille à une jeune femme qui voudrait s’engager, « tant qu’on est déterminé pour y arriver ! ».

Clara_DSC_2920Épouse d’un militaire « rencontré il y a 14 ans et demi à Rochefort », Clara réussit à mener une carrière de terrain avec « huit opérations extérieures, des manœuvres, du terrain, des stages… »  et une vie de famille épanouie. « Nous avons deux enfants avec mon mari, et une passion commune : le sport ! » Dans l’armée de Terre, la condition physique est primordiale. « J’y ai gouté durant les heures de service, et je m’y suis passionnée. Je m’inscris d’ailleurs aujourd’hui, plusieurs fois par an, à des courses en Martinique ».

L’armée de l’Air : « être ferme et souple à la fois, à l’écoute toujours… »
Pascaline_DSC_2958Née au Mans, Pascaline s’est engagée à 19 ans seulement au sein de l’armée de l’Air. A sa sortie d’école, elle a été affectée en tant que secrétaire dans une unité principalement masculine. « De nature timide, il a fallu que j’apprenne à m’imposer et cela à forger mon caractère. Cette période reste une de mes meilleures expériences ! » Actuellement, la sergent-chef de 33 ans travaille au sein de la cellule « ressources humaines Air » du service  « administration du personnel » du GSBdD. « Je m’occupe de la gestion et de l’administration d’une cinquantaine d’aviateurs ».

Pascaline_DSC_2974Sous les ordres d’un adjudant-chef de sexe masculin, Pascaline estime – par son vécu personnel – que le commandement n’est pas tout à fait le même. « Avec un homme, il faut prouver sa compétence pour faire sa place et être reconnue. Avec une femme, on est parfois jugé de prime abord sur son apparence et, mais cela dépend de la personnalité de chacun, se sentir menacée par une « rivale » ». Au sein du GSBdD des Antilles, la sergent-chef n’a pas eu ce sentiment. « On pourrait aussi penser que l’inverse est compliqué, de commander des hommes ou des femmes en étant une femme. Mais jusque-là je n’ai jamais eu de problème. Selon moi, nous avons tous et toutes notre place au sein de l’armée. Nous les femmes possédons peut-être des qualités que les hommes ont moins, l’écoute par exemple. Mais on partage tous les mêmes valeurs, nous faisons un métier passionnant et je le conseille à toutes les femmes qui voudraient s’engager. Pour ma part en tout cas, je suis fière de faire partie de l’armée de l’Air ! ».

La Marine nationale : « une opportunité unique pour se forger un caractère et s’enrichir humainement, perpétuellement »
Virginie_DSC_2993Virginie a 25 ans, « et cela fait déjà quatre ans que je suis engagée dans la Marine nationale » précise la quartier-maître de 1ère classe. « Je suis affectée au GSBdD et travaille en tant que cuisinière sur la base navale des forces armées aux Antilles, au fort Saint-Louis. Ma première affectation était embarquée, sur le porte-avions Charles de Gaulle. Je me souviens encore de ma première sortie en mer, un moment magique ! ». La Marine nationale est féminisée à hauteur de 13,8 %, et les femmes représentent 8,7 % des effectifs embarqués.

Virginie_DSC_3014« Qu’on soit sous les ordres d’un homme ou d’une femme, à terre ou embarquée, cela ne fait pas de différence pour moi. Nous avons tous un métier, une fonction, un rôle à jouer. A bord du Charles, une unité de surface, j’ai particulièrement appris la vie en collectivité. Cela a été très instructif pour moi qui étais plutôt timide et effacée » avoue Virginie. « Comme Pascaline, je conseille la vie de « marinette », qui aide à se forger un caractère et qui vous enrichit humainement au fil des affectations et des rotary ». Et parce qu’elle aime s’aguerrir, Virginie s’est aussi engagée au sein de l’équipe féminine de rugby des forces armées aux Antilles, l’équipe à VII des FAA cochères !

Civile de la Défense : « La clé du succès ? La cohésion entre tous, hommes, femmes, civils et militairesde tous grades »
Sylvaine_DSC_2842Sylvaine est civile de la Défense, « ouvrier d’État plus précisément, même si je n’aime pas faire de différence ». Actuellement, elle travaille au contrôle interne, au sein de la cellule « pilotage » du GSBdD des Antilles. « Au-delà des opérations de contrôle interne, je fais également partie intégrante de l’équipe chargée du déploiement du Système de Management Intégré (SMI) au sein du GSBdD/DICOM des Antilles, grâce à l’arrivée de mon nouveau chef qui m’a fait confiance, m’a confié de nouvelles tâches me permettant d’étendre mes compétences ! » explique avec fierté Sylvaine. « C’est ce que j’aime dans l’armée, la confiance et les responsabilités que l’on peut vous accorder, si vous démontrez vos compétences ! Durant mes années en France métropolitaine par exemple, au sein du service central des approvisionnements (SCA) puis de la direction centrale du matériel de l’armée de Terre (DCMAT), je me suis retrouvée à une période de ma vie seule femme entourée d’officiers supérieurs. J’ai alors été habilitée à traiter des informations classifiées, notamment durant la guerre du Golfe où j’ai été sollicitée à plusieurs reprises, travaillant sans relâche jusqu’à 23h parfois ! ».

Sylvaine_DSC_2859La recette de Sylvaine pour que les choses fonctionnent et que « la mayonnaise prenne » ? « De la cohésion ! C’est indispensable selon moi ». Pour cette femme d’expérience, il faut que les gens apprennent des uns et des autres, et participent ensemble à l’effort commun. « Un de mes meilleurs souvenirs d’ailleurs est la préparation du réveillon de la saint-Sylvestre en 2001. Le thème choisi était : les Antilles françaises. Naturellement, le général qui commandait la DCMAT a sollicité mes lumières. Nous avions trois mois pour la préparation de la soirée, en plus évidemment du travail intense que nous avions durant cette période. La salle des fêtes était bloquée pour les préparatifs : la décoration, le traiteur, les groupes, la musique etc… Tous les soirs donc, après le travail, le personnel civil et militaire, tous grades confondus, était à pied d’œuvre pour la décoration de la salle. Cette soirée fut un grand succès : 500 personnes y ont participé ! Preuve que la participation de tous et l’esprit de cohésion sont la garantie de la réussite ».

En aparté : savez-vous quel est le service le plus féminisé des FAA ?

Avec un taux de féminisation de plus de 50%, il s’agit du service de santé des armées. Aux Antilles, le service de santé des armées (SSA) est placé sous l’autorité d’une direction interarmées du service de santé (DIASS) installée sur Fort-de-France sur le Morne Desaix. Il comprend la direction proprement dite ainsi que deux centres médicaux interarmées (CMIA) – un en Martinique et un en Guadeloupe – auxquels ont été rattachées deux antennes médicales implantées dans les régiments du service militaire adapté (RSMA) de Martinique et de Guadeloupe.

DIASS et CMIA Martinique


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