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Le Dumont d’Urville en entraînement multifacette dans les îles françaises du Nord

21 02 2017

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Du 19 au 27 janvier 2017, le bâtiment de transport léger (BATRAL) Dumont d’Urville a effectué plusieurs entraînements opérationnels dans les îles du Nord, de Saint-Martin à Saint-Barthélemy.

Le Dumont d’Urville au cœur des opérations amphibies, par essence interarmées

2017MFDF008_001_050 (NXPowerLite)Du 19 au 20 janvier puis du 23 au 27 janvier, le BATRAL Dumont d’Urville était déployé dans le cadre de l’entraînement opérationnel Tjembé. Sa mission : projeter le 33e régiment d’infanterie de marine (33e RIMa) depuis les îles de la Martinique et de la Guadeloupe pour une évacuation de ressortissants. 117 soldats, 5 véhicules légers tout-terrains P4, 3 véhicules tactiques GBC 180, 5 camions de transport tactique TRM 2000 et 1 remorque 1 500 litres ont ainsi été débarqués à Saint-Martin – appelée fictivement Santo Martino.

Entraînement mutuel avec la frégate de surveillance (FS) Ventôse

2017_MFDF_009_A_003_025Le 23 janvier 2017, le Dumont d’Urville et le Ventôse ont conduit de nombreuses manœuvres communes dans le but de maintenir la qualification opérationnelle des deux bâtiments. Après avoir appareillé de leur mouillage à Simpson Bay, du côté néerlandais de l’île de Saint-Martin, les deux bâtiments de la Marine nationale ont débuté leur journée d’entraînement mutuel par une présentation au ravitaillement à la mer (PRERAM). Cette manœuvre est normalement effectuée avec un pétrolier ravitailleur. Ici, les deux unités ont simulé chacune leur tour ce rôle. Les deux bâtiments se donc positionnées à trente mètres l’un à côté de l’autre et ont fait route ensemble afin de pouvoir fictivement « refaire les pleins ». L’exercice suivant consistait pour le Ventôse à simuler une panne et demander assistance au Dumont d’Urville pour le remorquer. « La manœuvre de remorquage peut s’avérer dangereuse, particulièrement par mauvaise mer » explique le bosco du Dumont d’Urville. « La priorité consiste toujours à respecter strictement les mesures de sécurité pour ne jamais compromettre sa propre sécurité, celle de ses équipiers et celle de l’équipage du bateau remorqué ». Les capacités militaires des deux unités ont également été éprouvées durant cet entraînement mutuel. L’hélicoptère embarqué du Ventôse, une Alouette III de l’escadrille 22S, est venu poser sur la plateforme hélicoptère du Dumont et réaliser avec celui-ci, ainsi qu’avec le Ventôse, diverses manœuvres aviations telles que de l’hélitreuillage de civière ou des séances d’appontages Touch and Go (TAG).

Une préparation opérationnelle permanente, pour être toujours prêt à intervenir

2017_MFDF_009_A_004_016La préparation opérationnelle d’un équipage nécessite une action continue des unités de la Marine, destinée à maintenir les différents savoir-faire de l’équipage. Elle impose de saisir toutes les opportunités d’entraînement, à proximité du port base comme en déploiement, et de rechercher l’optimisation des périodes de mer.

Les forces armées aux Antilles ont pour mission d’être prêtes à intervenir pour soutenir l’action de la sécurité civile dans la mise en œuvre des plans de secours préparés par les préfectures. Afin de pouvoir intervenir au plus vite et assurer la protection des Français, les armées se doivent au préalable d’avoir une connaissance fine de leur zone afin d’anticiper les actions à mener, dans l’urgence la plupart du temps.

Les forces armées françaises aux Antilles (FAA) garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis les départements de la Martinique et de la Guadeloupe. Elles constituent un dispositif interarmées de premier plan sur le théâtre Caraïbe, en coordination avec les forces armées en Guyane. Les FAA conduisent trois missions principales : l’action de l’Etat en mer, sous l’autorité du délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer, afin de combattre efficacement le narcotrafic en mer et de coordonner la mise en œuvre des plans d’urgence en mer ; le secours aux populations en cas de catastrophes naturelles ou de situations humanitaires graves dans la zone ; et, enfin, la participation, éventuellement avec les forces armées françaises en Guyane (FAG), à une opération militaire dans un environnement national ou multinational comme à une évacuation de ressortissants.

Paroles d’équipage

Le premier semestre 2017 est dense pour le BATRAL Dumont d’Urville qui effectue ses derniers déploiements avant un retour en métropole à l’été en vue de son retrait du service actif et de son désarmement après 34 années de service. S’il sera remplacé par un bâtiment multi missions (B2M) bien plus moderne qui assurera pleinement les missions de présence, de projection de forces, de soutien logistique, de sauvegarde, d’assistance au profit des populations, de surveillance et de protection des intérêts français dans une zone économique exclusive de 138 000 km², le bâtiment de transport léger Dumont d’Urville aura marqué les esprits aux Antilles.

Capitaine de corvette Nicolas M. – commandant le BATRAL Dumont d’Urville : « une aventure humaine sur un bâtiment aux caractéristiques atypiques »

2017_MFDF_008_A_002_001«  Ce bâtiment et ses missions spécifiques sont avant tout une expérience humaine » confie le capitaine de corvette Nicolas. « Nous avons à bord un équipage soudé et motivé qui s’investit énormément pour son bateau. Pour moi, c’est essentiel, je veux conduire nos missions avec des marins épanouis et concentrés sur un objectif commun».

« Le Dumont d’Urville est le dernier BATRAL dans la Marine nationale. C’est un bateau avec des caractéristiques amphibies très particulières car on peut « plager », c’est-à-dire aller poser l’avant du bâtiment directement sur une plage. Ce qui est paradoxal, c’est que durant notre formation maritime on nous apprend que « le danger, c’est la côte ! » Hors avec le BATRAL, on navigue vers la côte et on s’y pose ».

Maître principal Sébastien N. – commandant adjoint navire : « 20 ans de service à la mer ! »

2017_MFDF_009_A_001_014De la Jeanne d’Arc au Tourville en passant par le Georges Leygues, le maître principal Sébastien n’en est pas à sa première affectation embarquée, ni à son premier désarmement. Mais avant le retour en métropole, Sébastien retient du Dumont d’Urville « ce moment un peu magique du premier plageage, après à peine 2 jours d’affectation ! ».

Au-delà de cette caractéristique propre au BATRAL, naviguer sur un bâtiment d’ancienne génération est également synonyme d’exigence et de polyvalence de l’équipage. « Chacun a plusieurs casquettes. Personnellement, je suis chargé de prévention, chef de service et capitaine de compagnie, commandant adjoint navire et officier environnement ». Cette capacité d’adaptation, le maître principal Sébastien l’apprend aux plus jeunes, comme le quartier-maître de 1ère classe Christopher J.

Second-maître Virgile G. – électricien : « une remise en question permanente et un apprentissage continu sur ces vieux bateaux »

2017_MFDF_009_A_003_029Affecté depuis bientôt 3 ans à bord du Dumont d’Urville, le second-maître Virgile G. a également beaucoup à transmettre aux nouvelles recrues notamment sur son métier, vécu très différemment de ce que l’on image d’un électricien dans le civil. « Je suis électricien mais je m’occupe également des moteurs. Je suis en mesure de gérer n’importe quel problème lié au « groupement navire » qu’il soit lié à l’électricité, la sécurité ou la mécanique. S’il y a un homme à la mer, je suis à la potence, et je suis également adjoint soutien sécurité ».

Autant de fonctions qui font de Virgile un marin expérimenté qui suivra le cours du brevet supérieur prochainement. « Ce bâtiment aura été très formateur pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous. A la fois à la mer, avec environ 75 jours de mer par an, mais également en escales qui offrent une ouverture d’esprit et permet la découverte de nouvelles cultures ».

Quartier-maître de 2e classe Christopher J. – mécanicien : « un premier pas dans la Marine grâce à mon contrat recrutement local, avant de poursuivre une carrière d’infirmier embarqué peut-être »

2017_MFDF_009_A_001_024Originaire de Fort-de-France, Christopher a 24 ans et est affecté sur le Dumont d’Urville depuis bientôt deux ans en tant que volontaire recrutement local. « Pour moi le Dumont est un bâtiment-école ! On y apprend les bases de la Marine, sans pilotage automatique » confie le jeune Martiniquais.

« Après mon retour de Brest où le Dumont d’Urville sera désarmé, je serai affecté sur la base navale pour une courte période avant de passer au mois de mars le concours d’entrée à l’école paramédicale des armées. Si je réussi, je retournerai en métropole, à Lyon, pour trois ans en vue d’obtenir mon diplôme d’infirmier. Ensuite, je souhaite rester dans la Marine et être affecté sur un bâtiment à nouveau pour continuer cette belle expérience de la vie embarquée ».


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